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- Publié le 29/09/2025
Le système d’entrée-sortie (EES) est entré en service le 12 octobre 2025. Ce nouveau dispositif automatisé permet de contrôler électroniquement les entrées, sorties, refus d'entrée et durées de séjour des ressortissants de pays non-membres de l’Union européenne voyageant dans l’espace Schengen pour un court séjour de moins de 3 mois. Il vise à fiabiliser les vérifications faites aux frontières, tout en renforçant la lutte contre l’immigration irrégulière et en améliorant le niveau de sécurité intérieure des citoyens de l’Union européenne.
Le système EES est une évolution majeure qui améliore significativement le niveau de sécurité intérieure des États membres tout en renforçant les outils de lutte contre l'immigration irrégulière, en assurant l'enregistrement des entrées et des sorties dans l'espace Schengen. Il s'agit de renforcer les vérifications faites aux frontières, de détecter les maintiens irréguliers sur le territoire et d'améliorer ainsi la sécurité de l'espace Schengen. Le système EES a été progressivement déployé aux points de passage frontaliers (aéroports, gares et ports).
Les États membres de l’espace Schengen bénéficient ainsi d’un meilleur partage de l’information et de données exploitables par leurs autorités frontalières, migratoires et répressives dans le respect le plus strict des droits fondamentaux et de la législation européenne sur la protection des données personnelles.
Qui est concerné ?
Le système d’entrée-sortie (Entry-Exit System - EES) permet d’enregistrer les données personnelles ainsi que les données concernant les entrées, sorties et refus d’entrées des ressortissants des pays extérieurs à l’Union européenne - ou pays tiers – qui pénètrent dans l’espace Schengen et en ressortent pour un court séjour (allant jusqu’à 90 jours sur une période de 180 jours). Il remplace l’apposition manuelle d’un cachet sur les passeports et concerne les séjours d’une durée inférieure à trois mois.
Cette nouvelle règlementation ne s’applique pas aux ressortissants des États membres de l’Union européenne (y compris l’Irlande et Chypre) et de l’espace Schengen (Islande, Liechtenstein, Norvège, Suisse). Elle ne s’applique pas non plus, par exception, aux ressortissants d’Andorre, de Saint-Marin, de Monaco et du Vatican.
Les ressortissants de pays tiers en situation de long séjour (titulaires d’un visa D, dit de long séjour, ou d’un titre de séjour délivré par la France ou un autre État membre) ne sont pas non plus enregistrés dans le système EES.
Quelles données sont principalement concernées ?
1/ Les données figurant dans le document de voyage
- Noms et prénom(s)
- Date et lieu de naissance
- Genre
- Nationalité
- Numéro du document de voyage
- Code à 3 lettres du pays de délivrance du document de voyage
- Date d’expiration du document de voyage.
2/Les données liées au franchissement de la frontière
- Date et heure d’entrée et de sortie
- Lieu d’entrée et de sortie
- Le cas échéant, la date, l’heure, le lieu et le motif du refus d’entrée
3/ Les données biométriques
- Image faciale (photo du visage)
- Empreintes digitales, sauf pour les mineurs de moins de 12 ans
La collecte des données biométriques des ressortissants de pays tiers concernés par l’EES sera obligatoire. Si le voyageur s’oppose à la collecte de ses données biométriques, il se verra refuser l’entrée sur le territoire Schengen.
N.B.
Le dossier individuel contenant l’ensemble de ces données est conservé pendant 3 ans à compter du dernier franchissement de frontière (ou le cas échéant du refus d’entrée). En l’absence d’enregistrement de sortie au-delà de la durée autorisé du séjour, ce qui signifie que l’individu est désormais en situation irrégulière en se maintenant sur le territoire, les données sont conservées pendant 5 ans à compter de la date d’expiration du séjour autorisé.
Quelle est la procédure ?
Deux cas de figure sont possibles :
- si le voyageur n’a jamais fait l’objet d’un enregistrement dans EES (il franchit une frontière extérieure de l’espace Schengen pour la première fois depuis l’entrée en service d’EES), il doit fournir l’ensemble de ses données à caractère personnel lors du passage devant les agents chargés du contrôle aux frontières qui relèveront ses empreintes digitales et photographieront son visage avant d’enregistrer le lieu, l’heure et la date du franchissement de la frontière. Ces informations sont conservées dans un dossier numérique individuel qui lui est créé ;
- si le voyageur a déjà fait l’objet d’un enregistrement dans EES (il a déjà franchi une frontière extérieure de l’espace Schengen depuis l’entrée en service d’EES), ses données personnelles figurent déjà dans le système. Les agents chargés du contrôle aux frontières recueillent uniquement ses empreintes digitales ou sa photographie pour vérifier son identité et alimente son dossier individuel avec des fiches d’entrée ou de sortie qui font apparaître la date, le lieu, l’heure du franchissement de la frontière et la durée restante du séjour autorisé. ces contrôles sont donc plus rapides que lors d’une première entrée.
Qu’est-ce qui change concrètement aux frontières extérieures ?
Depuis le 12 octobre 2025, les États membres de l’espace Schengen ont débuté progressivement la collecte des données des voyageurs pour les enregistrer dans EES, d’abord à certains points de passage frontaliers seulement, puis sur leur ensemble à compter du 10 avril 2026.
- Mise en place de dispositif de pré-enregistrement : afin de pouvoir réaliser le pré-enregistrement des données nécessaires à la création de leur dossier EES et ainsi diminuer le nombre de formalités à réaliser par les agents en charge du contrôle frontière, les voyageurs peuvent utiliser des bornes en libre-service ou des tablettes (dans les ports). Ces dispositifs facultatifs et gratuits ont été installés sur les 25 principaux aéroports, ports et gares ferroviaires du territoire français. Ces dispositifs de fluidification permettent un franchissement plus rapide de la frontière. Le dossier EES est validé par un garde-frontière au poste de contrôle.
- Fin du tampon sur les passeports : depuis le 10 avril 2026, l’EES est pleinement opérationnel sur l’ensemble des frontières extérieures de l’espace Schengen. Le système EES remplace le tampon manuel apposé sur les passeports par les autorités en charge du contrôle aux frontières.
Depuis le 10 avril 2026, tout en respectant ses obligations européennes, la France a fait le choix d'une utilisation raisonnable et pragmatique d'EES, en recourant aux assouplissements prévus par le cadre juridique européen, afin de maintenir un niveau satisfaisant de fluidité aux frontières en particulier lors des pics de départ et d’arrivée pour les jours fériés et les périodes de vacances. Grâce à la mobilisation de l'ensemble des services de l'État et des gestionnaires de plateformes, la France n'a connu à ce jour aucune situation de congestion majeure.
Quelques chiffres
Depuis son entrée en service le 12 octobre 2025, EES a d'ores et déjà fait ses preuves :
- plus de 110 millions d'entrées et de sorties enregistrées dans le système,
- plus de 44 000 refus d'entrée notifiés, dont plus de 1 100 concernant des individus représentant une menace pour la sécurité intérieure.
- Consulter la page « Dispositifs de pré-enregistrement du système européen d’entrée/sortie (EES) : comment les utiliser ? » sur le site Service public.
- Consulter la FAQ sur le site de l'EES.