- Communiqués de presse
- Publié le 04/12/2025
Pour la toute première fois, le SSMSI publie une étude déclinant par type de produit les infractions de trafic ou d’usage de stupéfiants enregistrées par les services de la police et de la gendarmerie nationales.
Portant sur la période 2016-2024, il s’agit d’un premier état des lieux des différences observées pour le trafic ou l’usage de substances illégales, définies comme telles par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Ces substances sont, entre autres, pour les plus connues, le cannabis, la cocaïne, l’héroïne, l’ecstasy-MDMA, etc. Des disparités importantes sont relevées aussi bien en ce qui concerne leur évolution, le profil des mis en cause pour leur usage ou leur trafic, ou encore leur répartition sur le territoire français.
Depuis 2016, le nombre de mis en cause pour trafic et usage de stupéfiants par les services de police et de gendarmerie est en hausse ; en 2024, 52 300 personnes ont été mises en cause pour trafic de stupéfiants, et 290 400 personnes l’ont été pour usage de stupéfiants.
Le principal stupéfiant impliqué est de loin le cannabis qui concerne 78 % des mis en cause pour trafic et 92 % des mis en cause pour usage de stupéfiants en 2024. Il s’agit principalement de résine de cannabis, pour plus de 3 mis en cause sur 4 pour trafic ou usage de cannabis. Dans l’ordre, la cocaïne, l’héroïne et l’ecstasy-MDMA concernent le plus grand nombre de mis en cause après le cannabis. Au moins l’une de ces quatre substances, potentiellement associées à d’autres, concerne 99 % des mis en cause pour trafic de stupéfiants et la quasi-totalité des mis en cause pour usage.
Si le nombre de mis en cause pour trafic et usage de stupéfiants est en hausse depuis 2016, les évolutions sont très contrastées selon le stupéfiant concerné. En effet, le nombre de mis en cause pour trafic de cocaïne ou d’ecstasy croît beaucoup plus fortement que celui pour trafic de cannabis ou d’héroïne. Le nombre de mis en cause pour usage d’au moins une des trois substances éligibles à une amende forfaitaire délictuelle, le cannabis, la cocaïne et l’ecstasy-MDMA, croît fortement, tandis qu’il enregistre une baisse pour l’héroïne.
Les profils des mis en cause sont très différents selon le stupéfiant en question. Les mis en cause pour trafic de cannabis sont les plus jeunes, avec 22 % de mineurs et un âge médian de 21 ans ; plus des trois quarts ont moins de 30 ans. Pour l’usage, le cannabis et les drogues de synthèse sont associés aux mis en cause les plus jeunes. Par ailleurs, bien qu’elles soient largement sous-représentées parmi les mis en cause, la part des femmes est au moins deux fois plus élevée dans le trafic et l’usage de kétamine ou d’amphétamines que de cannabis. Enfin, alors que les étrangers représentent 8 % de la population en France et respectivement 22 % des mis en cause pour trafic de stupéfiants et 12 % pour usage, ils représentent presque la moitié des mis en cause pour trafic et usage de crack.
À propos du SSMSI
Au sein du ministère de l’intérieur, le SSMSI est le service statistique en charge de la sécurité intérieure, rattaché à la fois à la police et à la gendarmerie nationales. Il compose avec l'Insee et 15 autres services statistiques ministériels le service statistique public coordonné par l’Insee. Créé fin 2014, le SSMSI a pour mission de produire et de mettre à disposition du grand public et des services du ministère des statistiques et des analyses sur la sécurité intérieure et la délinquance. Comme les autres membres du service statistique public, il respecte un certain nombre de règles visant à maintenir la confiance dans les informations produites et diffusées, en particulier indépendance professionnelle, fiabilité, neutralité, qualité des processus, méthodologie solide, accessibilité. Son programme de travail fait l'objet d'une concertation avec l'ensemble des utilisateurs au sein du Conseil national de l'information statistique (Cnis). Son activité est évaluée par l'Autorité de la statistique publique (ASP).
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