Expérimentation d’une signalisation routière spécifique au lynx dans le Parc naturel régional du Haut-Jura en vue de réduire le risque de mortalité par collision

Dans le cadre du Plan national d’actions en faveur du lynx boréal approuvé en 2022, les ministères de l’Intérieur, de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le Climat et la Nature et des Transports ont décidé de conduire l’expérimentation d’une signalisation routière spécifique à l’espèce afin de réduire les risques de collisions. Le CEREMA[1] assure l’évaluation de cette expérimentation.

Un panneau réglementaire A15b "faune sauvage" accompagné de différentes variantes basées sur la réglementation existante (panonceau d’étendue et panneaux de vitesse conseillée) sera ainsi déployé sur la période de septembre à octobre sur des tronçons de routes nationales (N5, N57) et départementales dans le périmètre du Parc naturel régional du Haut-Jura, en collaboration étroite avec la direction interdépartementale des routes Est ainsi que les conseils départementaux concernés et partenaires (Ain, Doubs et Jura).

Encadré par des arrêtés interministériels, ce dispositif sera évalué (comportement et perception des usagers de la route notamment) pendant trois ans afin d’en vérifier l’efficacité sur la limitation des collisions et, le cas échéant, envisager son déploiement.

Cette démarche de réduction du risque de collision a été réalisée avec l’appui du Parc naturel régional du Haut-Jura qui porte une responsabilité particulière puisque le massif jurassien héberge près de 80% de la population de lynx en France. Sa mise en œuvre est soutenue financièrement par le ministère de la transition écologique ainsi que le WWF[2] via la SFEPM[3].

Le Lynx boréal est particulièrement sensible aux collisions routières en raison de son domaine vital de grande superficie, ses distances de déplacement et son comportement territorial. Avec une vingtaine de cas détectés par an au cours de cette dernière décennie, les collisions représentent la première cause de mortalité de cette espèce. Les destructions illégales et le manque de brassage génétique sont les deux autres principales menaces qui pèsent sur elle. Chez cette espèce où chaque individu compte, la mortalité d’un seul individu fragilise donc la population dont la taille est déjà réduite.

Le Lynx boréal est l’une des trois espèces protégées de grands carnivores en France, dont la situation est préoccupante. En effet, malgré une extension de son aire de répartition depuis le massif jurassien, l’espèce est classée « en danger » sur la Liste rouge nationale des espèces menacées.

C’est pourquoi il fait l’objet d’un Plan national d’actions (PNA) dont la DREAL Bourgogne-Franche-Comté et l’Office français pour la biodiversité assurent respectivement la coordination et l’animation pour le compte de l’État.

Ce plan qui mobilise l’ensemble des acteurs concernés (représentants associatifs, scientifiques, représentants des activités socio-professionnelles, éleveurs, chasseurs etc.) vise à rétablir l’espèce dans un bon état de conservation.