Inspection générale de l'administration
L'inspection générale de l'administration (IGA), rattachée directement au ministre de l’intérieur, exerce depuis sa création, les fonctions d'inspection et de contrôle supérieur au sein du ministère.
Elle a par ailleurs développé, au fil des dernières décennies, ses missions d’évaluation des politiques publiques, d’audit interne, et d’appui aux services.
Au-delà de cet ancrage ministériel, sa vocation interministérielle la conduit à intervenir sur saisine du Premier ministre et de nombreux membres du Gouvernement, dont ceux en charge des collectivités territoriales et des outre-mer.
Ses membres, issus des trois fonctions publiques, effectuent des parcours alternés entre des fonctions d’inspection et des expériences opérationnelles, le plus souvent en administration centrale ou territoriale, mais aussi parfois à l’extérieur de l’administration.
Les travaux d’inspection, encadrés par une méthodologie et une déontologie rigoureuses, s’effectuent dans des conditions qui garantissent leur indépendance et leur objectivité, consacrées par des textes réglementaires. Ces valeurs sont également inscrites dans les conditions de recrutement des candidats à la fonction d’inspecteur, qui sont auditionnés par des comités de sélection dont l’avis éclaire l’autorité de nomination.
La réforme de l’encadrement supérieur de l’État se traduit notamment, pour l’IGA comme pour le corps préfectoral et huit autres inspections générales de l’État, par le passage du statut de corps au statut d’emploi, qui induit une diversification supplémentaire des parcours de carrière.
Dans ce contexte, l’IGA reste un acteur important et engagé de l’action et de la transformation publiques, au service de l’État, au cœur d’un grand ministère régalien.
Compétences et missions de l'IGA
Présentation
Avec l'IGF et l'IGAS, l'inspection générale de l'administration est l'une des 3 inspections interministérielles de l'État. Elle est chargée de missions d'évaluation des politiques publiques, d'audit de service et d'appui et de conseil. Elle est également le corps d'inspection du ministre de l'intérieur, ce qui explique qu'elle soit directement rattachée au cabinet du ministre et qu'elle bénéficie d'une large autonomie de gestion.
Missions
L'IGA est très impliquée sur des sujets qui constituent son cœur de métier : réforme de l'Etat, libertés publiques, sécurité (sécurité intérieure, sécurité civile..), collectivités locales et territoires. Par sa vocation interministérielle, elle intervient sur l'ensemble des champs d'action publique, en réponse aux demandes de Premier ministre ou de tout autre membre du Gouvernement.
Les principaux partenaires de l'IGA (hors ministère de l'intérieur), sont l'IGAS, le CGEDD, l'IGF. En moyenne, plus d'une centaine de missions sont lancées chaque année ; de même, plus d'une centaine de rapports sont remis annuellement
Modes d'intervention
Par son caractère interministériel, l’IGA peut recevoir mission de tout ministre intéressé et est à la disposition de diverses autorités :
- Premier ministre
- Ministre de l’intérieur
- Ministres chargé de l’Outre‐mer et chargé des collectivités territoriales
- Ministre chargé de la fonction publique
- Tout autre membre du Gouvernement.
Le Premier ministre ou le ministre de l'intérieur peut également autoriser l’IGA à intervenir à la demande de collectivités territoriales ou de leurs groupements, de fondations ou d'associations, d'Etats étrangers, d'organisations internationales ou de l'Union européenne, pour toutes missions relevant de ses attributions.
Déontologie
La charte de déontologie, adoptée par l'IGA en 2014, a été révisée pour tenir compte notamment de la loi du 20 avril 2016 relative à la déontologie et aux droits et obligations des fonctionnaires. La Décision du 17 février 2017 portant adoption de la charte de déontologie de l'inspection générale de l'administration a été publiée au Journal officiel de la République française le 4 mars 2017.
Organisation de l'IGA
Créée sous Necker (1781), l’IGA sait conjuguer tradition et modernité. Soucieuse d’adapter son organisation et ses méthodes aux réalités administratives nouvelles et aux attentes de Gouvernement successifs, elle a progressivement structuré son activité pour offrir à la fois grande réactivité et qualité d’analyse et de réflexion. Parmi ces éléments structurants récemment mis en place, il faut citer :
Le programme annuel d’activité
Un programme d’activité est élaboré annuellement : c’est le fruit d’une réflexion interne à l’IGA et d’échanges avec les différents services du ministère. Il est soumis au cabinet du ministre qui l’arrête.
Les missions programmées sont relatives à la sécurité publique, à la sécurité civile, aux libertés publiques, à l’immigration, aux collectivités locales, à la réforme de l’Etat.
Il est, par nature, adaptable au vu des priorités et de l’actualité afin de ne pas obérer la réactivité de l’IGA face aux sollicitations du ministre
Les missions permanentes
Outre les missions demandées par le ou les ministre(s), l’IGA mène des missions permanentes. Elles ont été instituées soit pour répondre à une obligation réglementaire, soit pour couvrir des thématiques récurrentes :
Sont prévues par un texte :
- contrôle des associations agréées de sécurité civile ;
- audit des systèmes de gestion et de contrôle des fonds européens, dans le cadre de la Commission interministérielle de coordination des contrôles (CICC) .
- audit par la Mission ministérielle d’audit interne (MMAI) , pilotée par l’IGA, et audit des programmes du budget de l’Etat au regard des prescriptions de la LOLF, dans le cadre du Comité d’harmonisation d’audit interne ; pour en savoir plus, cliquer ici
- évaluation de la politique de prévention de la délinquance ;
- évaluation des Services départementaux d’incendie et de secours (SDIS), avec l’IDSC
Répondent à des thématiques récurrentes :
- évaluation du pilotage des politiques locales de sécurité, avec l’IGGN et l’IGPN
- contrôle des conditions de délivrance des titres réglementaires en préfecture
- contrôle de la gestion des crédits de représentation du corps préfectoral
- évaluation des préfectures
- audit des fondations reconnues d'utilité publique
- examen de l'organisation et du fonctionnent des Directions départementales interministérielles (NB : animation par l'IGA du Comité de pilotage inter-inspections pour la coordination des missions d'examens)
Par ailleurs, deux inspecteurs généraux ont été désignés en qualité de :
Coordonnateur ministériel santé et sécurité au travail . Il préside un "collège" des inspections générales (IGA, IGGN, IGPN) chargé de définir une stratégie et d’animer le réseau des "inspecteurs santé et sécurité au travail" (ISST) du ministère.
Adjoint au Haut fonctionnaire en charge de l’égalité des droits
Les groupes référents
L’IGA a mis en place des groupes référents thématiques dans les domaines qui recouvre l’essentiel de son activité.
Leur rôle est :
- d’entretenir la relation avec les directions ;
- d’assurer la veille thématique en amont des missions et une fonction de formation ;
- de répondre aux éventuelles demandes des missions aux différentes phases de leurs travaux.
Ces groupes permettent de maintenir un niveau actualisé de connaissance et participent à la capitalisation des savoirs et à la mise en œuvre d’outils méthodologiques.
Par ailleurs, pour renforcer la qualité de forme et de fond des rapports, ils sont sollicités en phase de relecture des rapports pour être leur "miroir". L’objectif est de vérifier qu’il n’y a pas d’erreur de raisonnement et que le texte est clair.
Autres actions structurantes récentes
Guides méthodologiques
L’IGA met à disposition de ses membres des guides méthodologiques (guide métier et guides spécifiques aux missions permanentes) favorisant une appropriation rapide de la thématique (cadre réglementaire, procédures, etc) et proposant des méthodes spécifiques d’investigation adaptées au sujet.
Parangonnage (comparaisons internationales)
Dans le cadre de leurs missions, les membres de l’IGA réalisent des déplacements en Europe et dans le monde, soit sur des problématiques internationales, soit sur des thématiques nationales, la rencontre avec les services français à l’étranger et avec divers acteurs étrangers, l’analyse de politiques publiques et de méthodes d’administration différentes, contribuant à enrichir la réflexion.
Membres de l'IGA
L'IGA est un corps de hauts fonctionnaires régi par un statut qui lui est propre.
Grâce à un recrutement ouvert et une gestion équilibrée de ses ressources humaines, l'IGA bénéficie d'une grande variété d'expériences professionnelles et de profils.
Les inspecteurs et inspecteurs généraux, membres du corps de l'Inspection générale de l'administration, sont recrutés :
- en début de carrière, à leur sortie de l'Ecole nationale d'administration (ENA), au grade d'inspecteur,
- par la voie du tour extérieur, aux grades d'inspecteur et d'inspecteur général.
Le corps se compose de plus de 90 membres, inspecteurs généraux et inspecteurs, y compris ceux qui sont à l'extérieur ou en disponibilité. Globalement, les 2/3 des membres du corps sont issus de l'ENA et les 3/5 sont en activité à l'IGA. L'IGA accueille en outre des inspecteurs en service extraordinaire (IGSE), une inspectrice en service extraordinaire (ISE) et des hauts fonctionnaires chargés de mission. Ainsi, elle compte, outre les membres recrutés à la sortie de l'ENA, des préfets, des administrateurs civils, des administrateurs territoriaux, des officiers généraux et supérieurs de gendarmerie, des directeurs de services actifs de la police nationale et un officier des sapeurs-pompiers.
Cette diversité des expériences et des compétences facilite la composition des équipes, enrichit le dialogue au sein des missions et favorise la formulation rapide de propositions opérationnelles et réalistes. C'est également la garantie de l'équilibre des équipes de mission qui associent "juniors" et "seniors".
Liste des membres au 1er janvier 2019
Activités internationales de l'IGA
L'IGA s'ouvre à l'international depuis plusieurs années, de trois façons :
- dans le cadre de missions confiées à l'IGA, par l'établissement de comparaisons entre pays sur certaines procédures ou pratiques administratives (parangonnage) ;
- par la participation de nombreux membres de l'Inspection à des programmes de coopération internationale et par l'accueil de délégations étrangères à l'IGA ;
- à travers des parcours de carrière alternés, incluant des séjours à l'étranger.
Développement du Parangonnage
Dans le cadre des missions confiées à l'IGA, le recours à des comparaisons entre pays occidentaux se développe fortement, notamment grâce à une très bonne maîtrise des langues étrangères par les inspecteurs. Cette attitude devient désormais un réflexe, et est parfois explicitement demandée par le ministre dans la lettre de mission adressée au chef de corps.
Il arrive également que l'objet de la mission soit essentiellement à visée comparative.
Coopération internationale
Des membres de l’IGA participent à des programmes de coopération multilatérale. Ils interviennent à la demande de différents opérateurs : la direction générale de l'administration et de la fonction publique, l'ENA…
Deux exemples de cet engagement de l’IGA :
- Tunnel sous la Manche :
Désignés par arrêté, deux membres de l’IGA (titulaire et suppléant), représentent le ministre de l’intérieur au sein de la Commission Intergouvernementale au Tunnel sous la Manche (CIG). Ils doivent établir une coordination interministérielle et assurer la prise en compte des consignes des cabinets sur les questions de sûreté "TransManche". Avec leurs homologues britanniques, ils co-président le comité binational de sûreté (CBS), structure sans existence juridique, qui s’assure que la protection du tunnel, la sûreté des personnes et des biens y transitant sont garanties.
Ils président le comité interministériel de sûreté qui réunit des représentants des ministères de l’intérieur (DCPAF, DGGN, préfecture du Pas-de-Calais), du budget (DGDDI), des transports (DGITM) et des affaires étrangères. Ils assurent la liaison et la consultation des autres acteurs de l’Etat (préfectures de département et de région, armées, DCSP, CNIL, SDIS, SGDSN…), des acteurs économiques et techniques du domaine : RFF, directions concernées de la SNCF, des opérateurs ferroviaires, au premier rang desquels le concessionnaire Eurotunnel et ses différentes sociétés, … Les questions migratoires, régulièrement évoquées en CIG, ne relèvent pas de ce comité.
- Jumelage avec l’Inspection générale de l’administration territoriale du Maroc
Le succès du jumelage 2007-2010 entre l’IGA et l’Inspection générale de l’administration territoriale (IGAT ) marocaine, les liens d’amitié ainsi noués, ont permis aux chefs des deux inspections de signer, le 27 avril 2011, une convention de partenariat bilatéral entre les deux corps.
- L’inspection générale de l'administration s'engage dans une collaboration avec l'inspection centrale albanaise
A la suite de travaux menés à Tirana dans le cadre d’un projet de jumelage européen et à la faveur d’un déplacement à Paris de l’inspecteur général, chef de l’inspection centrale albanaise, un accord établissant le principe d’une coopération pluriannuelle entre les deux inspections a été signé le vendredi 6 octobre 2017 dans les locaux de l’IGA par les deux chefs de service : MM. Shkëlqim HAJDARI et Michel ROUZEAU. Le texte de cet accord est téléchargeable ci-après.
Par ailleurs, le chef du service reçoit des délégations étrangères, au titre de la coopération bilatérale.
Des carrières ouvertes sur l’étranger
Deux inspecteurs sont actuellement en fonction auprès des services de la Commission européenne.
Ces parcours atypiques sont particulièrement utiles à l'inspection.
Histoire de l'IGA
Pour définir des orientations et arrêter des décisions, tout gouvernement a besoin de connaître, de façon objective et précise, les problématiques auxquelles il doit faire face.
Répondant à cette logique, une fonction d'inspecteur général est ainsi créée par Necker en 1781.