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- Publié le 30/11/2021
Violences conjugales, intrafamiliales, sexuelles, sexistes : quel que soit le type de violence subie, les conséquences peuvent souvent être dramatiques pour la victime. Toutes les violences sexistes et sexuelles sont interdites et punies par la loi. Les forces de sécurité intérieure sont en première ligne pour protéger et accompagner les victimes.
Qu’est-ce qu’une violence sexiste et sexuelle ?
Il existe différentes formes de violences sexistes et sexuelles. Violences au sein du couple, violences sexuelles, harcèlement, outrages sexistes, mariages forcés, mutilations sexuelles féminines... Quel que soit le type de violence subie, les conséquences peuvent souvent être dramatiques pour la victime. Toutes les violences sexistes et sexuelles sont interdites et punies par la loi.
Protéger et accompagner les victimes
1 627 personnes ont été victimes de violences conjugales et sexuelles en 2024. 58% d’entre elles étaient mineures. Une femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son conjoint ou de ex-conjoint. En partenariat avec le ministère de la Justice, le ministère de la Santé et de l’Accès aux soins, les associations de victimes… les forces de sécurité intérieure sont là pour protéger et accompagner les victimes.
« Le 25 novembre est un rappel, un signal, une alerte, pour dire que n’accepterons jamais que la violence soit le quotidien des femmes. […] Être une femme ne devrait jamais être un risque. […] Tant qu’une femme aura peur, nous agirons. »
Agir dans l’urgence et dans la durée
Même si le téléphone grave danger (TGD) ou l’ordonnance de protection existaient auparavant, la politique de lutte contre contre les violences conjugales et sexuelles s’est renforcée depuis le Grenelle des violences conjugales de 2019.
« Beaucoup de travaux législatifs ont été réalisés depuis 2019. La loi n° 2025-1057 modifiant la définition pénale du viol et des agressions sexuelles a été promulguée le 6 novembre 2025. Elle précise que le consentement doit être libre et éclairé, spécifique, préalable et révocable. Les référents nationaux violences sexuelles suivent ces évolutions et font en sorte qu’elles soient connues au niveau opérationnel. »
L’objectif majeur est d’agir dans l’urgence et dans la durée. Pour ce faire, policiers et gendarmes bénéficient aujourd’hui d’une formation spécifique concernant l’accueil et la prise en charge des victimes de violences conjugales. 127 000 policiers et presque l’intégralité des gendarmes en contact avec le public ont été formés depuis le Grenelle. Des aménagements importants concernant les modalités d’accueil des victimes ont également été apportés.
« Un commissariat, une brigade, ce sont des endroits très peu confidentiels, parfois on est même accueilli par un interphone. On a travaillé sur l’accueil des victimes avec la mise en place d’un Tableau accueil confidentialité comportant un code couleur. Le rond orange concerne les infractions à caractère conjugal, sexuel. La victime est tout de suite prise en charge si elle désigne le rond orange. »
Aller vers les victimes
272 400 victimes de violences conjugales ont été prises en charge en 2024, c’est-à-dire une toutes les deux minutes. 16% d’entre elles ont porté plainte. Même si la parole des victimes s’est libérée dans la continuité du mouvement Me too, la majorité des victimes hésite encore à porter plainte. Le partenariat avec les associations d’aide aux victimes et les hôpitaux est donc particulièrement important car l’accompagnement des soignants consiste souvent un élément déclencheur pour déposer plainte. Des référents « violences intrafamiliales » sont aussi disponibles dans chaque département.
Par ailleurs, la victime doit pouvoir choisir le moment et le moyen de signaler les faits. La plateforme d’accompagnement des victimes fonctionne 24h/24 et 7j/7. En 2024, elle a enregistré 30 000 tchats et les faits ont été signalés dans 50% des cas.
« Même si l’accès à la plainte est encore inégal et que le sous-signalement persiste, le meilleur allié pour nous aujourd’hui, c’est le numérique. Quand une victime n’est pas prête, on lui dit "dites-vous bien que derrière ce tchat, il y a un vrai professionnel." »
« Face à ce phénomène de très grande ampleur, la lutte contre les violences conjugales est une priorité d’action pour nos forces. Le principe, c’est celui du dépôt de plainte et pas de la main courante. Dans le cas où il n’y a pas de plainte, un PV est de toute façon transmis à l’autorité judiciaire. Une procédure judiciaire est enregistrée toutes les deux minutes. »
Mouvements masculinistes et violences faites aux femmes
Depuis la fin du XXe siècle, des mouvements masculinistes, liés à des courants traditionnalistes, prônent la soumission des femmes et banalisent des discours hostiles aux femmes. Ils tendent à rendre les violences sexuelles plus légitimes et nient la notion de consentement. S’il n’existe pas de profil type, ils touchent surtout les plus jeunes via les réseaux sociaux.
Par exemple, 22% des jeunes hommes pensent que faire appel à la violence parfois peut aider à se faire respecter.
« Depuis les années 1970-1980, des mouvements masculinistes émergent. Ils se présentent comme une défense des droits des hommes mais constituent finalement une opposition à l’avancée des droits des femmes. »
Au sein de l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité et les crimes de haine – OCLCH, 8 enquêteurs de la division de lutte contre la haine traitent ces dossiers. Ils identifient les idéologues de la sphère masculiniste qui se retranchent souvent derrière des structures de coaching ou de développement personnel.
« Il s’agit d’un travail de fond documentaire pour identifier les individus les plus prolixes. Les écosystèmes évoluent. Il faut identifier les langages, les emojis codés, travailler sur du renseignement… »
Par ailleurs, des outils existent pour contrer la diffusion de contenus illicites en ligne, notamment la plateforme PHAROS (Plateforme d’harmonisation, d’analyse, de recoupement et d’orientation des signalements).
« Notre action est double. Sur le plan judiciaire, nous identifions la personne qui est derrière un compte et orientons ces informations vers les services de police pour qu’il y ait une enquête. Et sur le plan administratif, nous dé-référençons et/ou bloquons certains sites, et retirons les contenus illicites tels que des vidéos de viols en ligne. »
Violences conjugales et sexuelle : à qui s'adresser ?
En cas d’urgence
- Appelez la police / gendarmerie en composant le 17
- Envoyez un SMS au 114, le numéro d'appel d'urgence pour les personnes sourdes, malentendantes, aphasiques, dysphasiques
Ces numéros d'urgence sont gratuits et peuvent être composés à partir d'un téléphone fixe ou portable, même bloqué ou sans crédit.
Signaler une violence conjugale, sexiste ou sexuelle
Sur la plateforme de signalement, vous pouvez échanger avec des policiers ou gendarmes spécialement formés aux violences sexistes et sexuelles qui peuvent déclencher des interventions. Anonyme et gratuit, ce tchat est accessible 24h/24 et 7j/7.
Vous pourrez quitter le tchat rapidement et l'historique de discussion pourra être effacé de votre ordinateur, téléphone portable ou tablette.
39 19 : un numéro d'écoute
Le 3919 : Violences Femmes Info est un numéro d'écoute national destiné :
- aux femmes victimes de violences ;
- à leur entourage ;
- aux professionnels concernés.
Ce numéro permet d'assurer une écoute et une information, et, en fonction des demandes, d'orienter les victimes de façon adaptée vers des dispositifs locaux d'accompagnement et de prise en charge. Anonyme et gratuit, il est accessible depuis un poste fixe et un mobile en métropole et dans les départements d'Outre-mer.
Le 3919 n'est pas un numéro d'appel d'urgence.
Violences conjugales, sexistes et sexuelles
Victime ou témoin ?
Arrêtons les violences
#NeRienLaisserPasser
Dessin de téléphone
En cas d'urgence appelez le 17 ou envoyez un SMS au 114, 24h/24, 7j/7.
115 SAMU social pour obtenir un hébergement d'urgence.
119 Enfance en danger.
Dessin d'ordinateurs
Rendez-vous sur le tchat en ligne, anonyme et gratuit, de la plateforme de signalement des violences conjugales, sexistes et sexuelles : https://arretonslesviolences.gouv.fr
Dessin d'une silhouette d'écoutant avec un casque sur les oreilles
3919 pour bénéficier d'un accompagnement anonyme et gratuit en cas de violences conjugales, sexistes et sexuelles.
Dessin d'une pharmacie
Point d'accueil dans votre pharmacie, pour prévenir les forces de l'ordre si vous le souhaitez.