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- Publié le 26/06/2025
Le trafic de stupéfiants fait des ravages en France : violences, exploitation de mineurs, usage en hausse. Face à un narcotrafic de plus en plus structuré, une nouvelle loi adoptée en juin 2025 renforce les moyens de lutte. Signalement en ligne, sanctions durcies, coordination locale : l’État passe à l’action.
Des chiffres alarmants
Du trafiquant au consommateur, le narcotrafic tue. Overdoses, règlements de comptes, fusillades, enlèvements avec séquestration… Le trafic de stupéfiants draine dans son sillage des victimes toujours plus nombreuses et de plus en plus jeunes. Par exemple, les réseaux mafieux engagent aujourd’hui de plus en plus de mineurs parce qu’ils encourent des peines légères souvent sous forme de sanctions éducatives. En 2023, 19% des mis en cause pour trafic de stupéfiants étaient mineurs. Âgés seulement de 12 ou 13 ans, ces adolescents prennent des risques pour leur sécurité. C’est le cas également des « mules », le plus souvent des femmes, qui ingèrent de la drogue – des ovules de cocaïne par exemple - pour la transporter d’un point à un autre.
En 2023, selon le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure, 299 000 personnes ont été mises en cause par la Police nationale et la Gendarmerie nationale pour au moins une infraction à la législation sur les stupéfiants. 84% d’entre elles sont principalement concernées par l’infraction d’usage de stupéfiants, 33% par l’infraction de trafic.
En 2024, les infractions liées aux stupéfiants ont nettement progressé, que ce soit pour l’usage (+10 %) ou le trafic (+6 %). Cannabis, cocaïne, héroïne, nouveaux produits de synthèse… la liste n’est pas exhaustive.
Une loi pour riposter face au narcotrafic
Promulguée en juin 2025, une nouvelle loi marque un tournant majeur dans la lutte contre le narcotrafic en France. Elle introduit un arsenal juridique renforcé, en créant notamment un parquet spécialisé contre la criminalité organisée. Les services d’enquête disposent désormais de moyens élargis, comme l’utilisation accrue de techniques spéciales (écoutes, surveillances) et la possibilité de poursuites pour appartenance à un réseau criminel structuré. Le texte vise également à mieux encadrer l’exécution des peines pour les trafiquants les plus dangereux, avec des conditions de détention renforcées et la protection accrue des personnels pénitentiaires.
Outre l’approche judiciaire, la loi prévoit des leviers administratifs pour agir plus rapidement sur le terrain : gel temporaire des avoirs, fermeture prolongée de commerces liés aux trafics, ou encore éviction de locataires impliqués dans des activités illicites. La mise en œuvre de certaines mesures s’échelonnera jusqu’en 2029, notamment pour les dispositions liées aux douanes. Par ailleurs, les préfets disposent de pouvoirs élargis pour intervenir localement, en coordination avec les forces de sécurité et les collectivités. Ce dispositif vise à enrayer la dynamique des trafics en ciblant aussi bien les têtes de réseau que les relais implantés dans les quartiers.
Signaler un point de deal
Sur le site Ma Sécurité, mis en place par le ministère de l'Intérieur, un espace dédié permet à tout citoyen de signaler anonymement un trafic de stupéfiants via une plateforme en ligne simple et sécurisée. Cette démarche vise à renforcer la lutte contre les trafics en facilitant la transmission d’informations aux forces de l’ordre. Il est possible d’indiquer des éléments précis tels que les lieux, les horaires ou les véhicules impliqués, sans avoir à révéler son identité. Les signalements sont ensuite analysés par les services compétents pour orienter les actions de terrain. Ce dispositif s’inscrit dans une volonté de proximité, de réactivité et de protection des témoins, afin d’agir efficacement contre les trafics qui nuisent à la sécurité et à la tranquillité publiques.
La dernière campagne du ministère contre le narcotrafic
Drogues : une chaîne meurtrière de responsabilités
Hausse du nombre de consommateurs et développement du narcotrafic : le marché des stupéfiants concerne tous les pays du monde, y compris la France. Du trafiquant au consommateur, il constitue une chaîne meurtrière où les victimes se comptent par centaines. Du 9 février au 2 mars 2025, le ministère de l’Intérieur lance une vaste campagne de sensibilisation sur le sujet : « Chaque jour, des personnes payent le prix de la drogue que vous achetez. »
Sécurité intérieure
6 février 2025