Les essais conduits ces derniers jours avec le CH-47D Chinook mis à disposition de la France par l’Australie ont permis de confirmer sa capacité à être pleinement employé dans les opérations de lutte contre les feux de forêt sur l’ensemble du territoire national.
Avec une capacité d’emport de plus de 11 000 litres d’eau et un rechargement réalisable en 90 secondes environ, cet hélicoptère bombardier d’eau apporte une capacité supplémentaire et particulièrement puissante au dispositif français. Il peut effectuer un largage massif sur une zone ciblée ou répartir progressivement son eau en fonction de la situation et des objectifs définis par le commandement des opérations.
Plus de 11 tonnes d’eau pour agir directement sur le feu
La principale force du Chinook réside dans son importante capacité d’emport.
Son réservoir peut accueillir plus de 11 tonnes d’eau, permettant de produire un effet puissant et immédiat sur les secteurs les plus actifs d’un incendie.
Selon les besoins opérationnels, cette eau peut être larguée en une seule fois ou de manière progressive afin de traiter une zone plus étendue.
Le Chinook peut ensuite rejoindre un point d’eau adapté, remplir son réservoir en 90 secondes environ puis retourner rapidement vers l’incendie.
Cette capacité permet d’enchaîner les rotations et d’apporter d’importantes quantités d’eau sur les secteurs où elles sont les plus nécessaires.
Un Chinook guidé au plus près de l’incendie
L’emploi opérationnel du Chinook repose sur une coordination étroite des équipages australiens avec la Sécurité civile française.
Lors de son intervention, un hélicoptère Bell 412 effectue une première reconnaissance de la zone de feu en amont, avec à son bord un officier de sapeur-pompier et un pilote d’hélicoptère de la Sécurité civile.
Leur mission consiste à observer l’évolution de l’incendie, identifier les secteurs prioritaires et repérer les éventuels dangers susceptibles d’affecter le largage : relief, obstacles, fumées, présence de personnels et de moyens engagés au sol.
Le Bell précède ensuite le Chinook en vol et lui indique précisément la zone sur laquelle l’eau doit être larguée ainsi que les précautions spécifiques à prendre.
Ce dispositif permet à l’équipage australien d’être orienté et de bénéficier, jusque dans les dernières secondes précédant le largage, de la connaissance du terrain et de l’expérience opérationnelle des personnels français.
Une coopération franco-australienne opérationnelle
D’un côté, l’équipage australien apporte son savoir-faire dans l’emploi du Chinook sur les feux de grande ampleur. De l’autre, les personnels de la Sécurité civile française apportent leur connaissance du territoire, de l’organisation des secours et des tactiques employées par les sapeurs-pompiers français.
La coopération franco-australienne ne s’arrête donc pas à la mise à disposition d’un appareil : elle se matérialise au plus près des flammes, dans la préparation et la réalisation de chaque intervention.
Cette organisation illustre concrètement la complémentarité entre les deux pays.
Une capacité complémentaire des moyens nationaux
Les essais réalisés en France ont ainsi permis de confirmer les modalités d’intégration du Chinook au dispositif national et son aptitude à être engagé opérationnellement sur les feux de forêt.
Le Chinook n’a pas vocation à remplacer les Canadair, les Dash ou les autres hélicoptères bombardiers d’eau de la Sécurité civile.
Il constitue un moyen complémentaire, offrant au commandement français des opérations une possibilité supplémentaire pour adapter la réponse aérienne à la situation.
Son importante capacité d’emport, la rapidité de son rechargement et la précision apportée par le dispositif de reconnaissance et de guidage permettent notamment de l’employer en attaque directe des incendies, en coordination avec les moyens terrestres.
Un partenariat fondé sur une expérience partagée du risque incendie
La mise à disposition de cet appareil témoigne enfin de la solidité du partenariat entre la France et l’Australie, deux pays régulièrement confrontés à des incendies de grande ampleur.
Après le concours apporté par la France à l’Australie lors des grands incendies de 2019, cette coopération trouve aujourd’hui une traduction très concrète sur le territoire français.
Les services français saluent l’engagement des services australiens à leur côté et remercient les autorités australiennes.