Lancement de l’expérimentation « vidéo-intelligentes » en vue de la sécurisation des Jeux Olympiques

  • Mis à jour le 20/03/2024
  • Actualités du ministère
  • Publié le 16/02/2024
homme utilisant un service de vidéoprotection

La loi du 19 mai 2023 relative aux Jeux olympiques et paralympiques de 2024 (dite « loi JO ») autorise, pour la première fois, la mise en œuvre de solutions d’intelligence artificielle dans la vidéoprotection, dans un cadre légal clair et préservateur des libertés fondamentales et individuelles.

L’objectif de cette expérimentation qui prohibe la reconnaissance faciale et toute forme de recoupement avec des fichiers est de déterminer sans a priori les apports possibles d’une intelligence artificielle, éthique et de confiance, à la sécurisation des grands événements, en facilitant le travail des opérateurs des dispositifs classiques de vidéoprotection sans jamais se substituer à eux.

En effet, la sécurisation d’événements sans précédent comme la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques et Paralympiques ou de grands rassemblements récréatifs, sportifs ou culturels d’ampleur particulière, constitue un défi de sécurité majeur. Si les dispositifs classiques de vidéoprotection donnent accès à des images susceptibles de renforcer la capacité à appréhender, en temps réel, une situation donnée, leur volume est tel que leur exploitation fine par l’œil humain est très difficile.

Le couplage de traitements algorithmiques (autre nom de l’intelligence artificielle) avec les dispositifs classiques de vidéoprotection doit ainsi permettent d’augmenter la capacité des opérateurs vidéo à détecter des situations inhabituelles, sans jamais prendre le pas sur la décision. L’alerte opérationnelle reste à la seule main des opérateurs qui décident ou pas de rendre compte de la situation détectée à la chaîne opérationnelle pour procéder à une levée de doute et à une réponse opérationnelle.

Rigoureusement sélectionnées dans le cadre d’un marché national conduit d’août à décembre 2023 par le ministère de l’Intérieur et des Outre-mer, qui a permis d’évaluer non seulement leurs performances techniques mais également d’attester de leur conformité aux exigences éthiques fixées par la loi, les solutions déployées dans le cadre de l’expérimentation JO permettront de détecter huit types d’événements : non-respect du sens de circulation, franchissement ou présence dans une zone sensible ou interdite, mouvement de foule, densité trop importante de personnes colis abandonnés, présence ou utilisation d’armes, personne au sol, départs de feux.

Seuls la police et la gendarmerie nationales, les polices municipales, les services d’incendie et de secours, ainsi que par les services internes de sécurité de la RATP et de la SNCF, pourront déployées ces solutions après autorisation du préfet compétent.

Compte-tenu des enjeux inédits qu’elle revêt tant sur le plan sociétal que matière de sécurité, l’expérimentation, conduite par un comité de pilotage associant l’ensemble des parties prenantes et présidé par la directrice des entreprises et des partenariats de sécurité et des armes, fera l’objet d’un rapport d’évaluation indépendant remis au Parlement en décembre 2024. Cette évaluation sera réalisée par un comité présidé par Christian Vigouroux, président de section honoraire au conseil d’Etat, composé d’un collège de personnalités qualifiées et d’un collège d’utilisateurs.

Une première intégration de ces solutions, à seule fin de paramétrage, sans exploitation opérationnelle, a été testée par la préfecture de police de Paris, à l’occasion du concert de Depeche Mode à l’Arena Bercy, les 3 et 5 mars prochains et une nouvelle série de tests de paramétrage seront réalisés le 20 mars sur le futur site olympique de l’Adidas Arena à l’occasion du match de basket Paris-Nancy.

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