De la Restauration à la fin du Second Empire (1815-1870)
La France connait quatre régimes et trois révolutions en cinq décennies, mais aussi l'apprentissage des libertés parlementaires et la première expérience de suffrage universel. Ce sont des temps de grande instabilité constitutionnelle, mais aussi de réelle stabilité administrative.
Le ministère de l’Intérieur conserve un périmètre étendu, reste bien le domaine des «affaires du dedans», mais affirme aussi son rôle plus spécifique en matière d’ordre public et d’administration du territoire.
Son importance politique s’affirme à travers quelques personnalités majeures. Guizot ou Thiers par exemple s’attachent à structurer et renforcer l’organisation d’un ministère dont l’identité n’est plus contestée. La dimension très politique qui s’attache aux opérations électorales, à l’action de la police et à celle des préfets continue de marquer l’image de cette grande administration, comme le montre la période du Second Empire, riche, par ailleurs, en réflexions sur l’administration du territoire et la réforme administrative.
Jacques Claude Beugnot
3 avril au 13 mai 1814
Député inscrit au club des Feuillants sous la législative, emprisonné sous la Terreur, Jacques Claude Beugnot (1761-1835) est préfet de Rouen sous le Consulat, ministre des Finances du royaume de Wesphalie (1807) et gouverneur du grand-duché de Berg (1808) sous l'Empire. Il se rallie aux Bourbons. Talleyrand le désigne pour prendre en charge l'Intérieur.
François Xavier Marc Antoine, abbé de Montesquiou
13 mai 1814 au 20 mars 1815
Ancien abbé de Beaulieu député du clergé aux États généraux (1789), François Xavier Marc Antoine, abbé de Montesquiou (1756-1832) est à l'Assemblée nationale constituante l'un des "aristocrates" partisans de l'Ancien Régime. Il s'oppose à l'abolition des privilèges et à la constitution civile du clergé. Il émigre en 1792. À son retour en 1795, il fait parti du comité royaliste. Exilé à Menton sous l'Empire, il est appelé par Louis XVIII au ministère-clé de l'Intérieur.
Lazare Carnot
20 mars - 22 juin 1815
Ancien conventionnel, membre du comité de salut public, "organisateur de la victoire", Lazare Carnot (1753-1823) revient à Paris après le coup d'État du 18 Brumaire. Bonaparte, premier consul, le nomme alors ministre de la Guerre. Démissionnaire dès 1800, il fait alors partie du Tribunat. Hostile au Consulat à vie et à l'Empire, il se retire de la vie publique et se consacre à ses recherches scientifiques jusqu'en 1814. Il participe à la défense d'Anvers en qualité de gouverneur avant d'être nommé nommé ministre de l'Intérieur pendant les Cent jours.
Claude Marie Carnot, dit Carnot - Feulint
22 juin - 7 juillet 1815, président de la Commission de gouvernement : Joseph Fouché, duc d’Otrante
Capitaine du génie lorsque la Révolution éclate, Carnot - Feulint (1755-1836) est élu député du Pas-de-Calais en 1791. Maréchal de camp auprès de son frère Lazare, alors membre du Directoire, il doit partager sa proscription de l’an V à l’an VIII. En 1814, il recouvre le grade de général comme inspecteur général du génie. Membre de la Chambre des représentants pour l’arrondissement de Chalon-sur-Saône, il porte à Napoléon l’acte de sa seconde abdication. Il remplace son frère à l’Intérieur au moment où la commission du Gouvernement assure les pouvoirs exécutifs.
Etienne Denis, baron Pasquier
9 juillet - 26 septembre 1815
Conseiller au Parlement emprisonné sous la Terreur, Etienne Denis, baron Pasquier (1767-1862) est conseiller d'État et préfet de police sous l'Empire. Napoléon 1er lui donne le titre de baron. Rallié aux Bourbons, il est l'homme d'expérience dont a besoin Talleyrand pour occuper la Justice et l'Intérieur.
Vincent Marie Viennot, comte de Vaublanc
26 septembre 1815 -7 mai 1816
Après une carrière militaire, Vincent Marie Viennot, comte de Vaublanc (1756-1845) entre à l'Assemblée législative où il affirme des positions royalistes. Entré au Conseil des Cinq cents (1796), exilé après le coup d'État du 18 Fructidor an V (4 septembre 1797), il devient membre du corps législatif après le 18 Brumaire puis préfet. Rallié à Louis XVIII, il doit à l'appui décisif du comte d'Artois d'être désigné par Richelieu ministre de l'Intérieur.
Joseph Henri Joachim, vicomte Lainé
7 mai 1816 - 29 décembre 1818
Membre du corps législatif en 1808, Joseph Henri Joachim, vicomte Lainé (1767-1835) fait preuve d'une grande indépendance politique. Ayant pris position pour la paix et la liberté en 1813, il est accusé par Napoléon 1er d'être au service de l'Angleterre. Président de la Chambre introuvable (1815-1816), il tente de prendre position contre les mesures réactionnaires des ultras et contribue à faire accepter la dissolution de la Chambre en septembre 1816. Richelieu le nomme ministre de l'Intérieur.
Elie, duc Decazes
- 29 décembre 1818 - 19 novembre 1819
- 19 novembre 1819 - 20 février 1820, président du Conseil et ministre de l’Intérieur
Avocat à Libourne, juge au tribunal de la Seine (1806) puis conseiller du roi de Hollande Louis Bonaparte (1807), Elie, duc Decazes (1780-1860) se rallie aux Bourbons (1814) et nommé préfet puis ministre de la Police en remplacement de Fouché. De tendance constitutionnelle, il devient rapidement le conseiller de Louis XVIII qui lui confie le ministère de l'Intérieur, à la suite de ses succès électoraux. Il rejoint ainsi les partisans de la faction constitutionnelle, contre celle qui souhaite se rapprocher des ultras. Il est ministre de l'Intérieur.
Joseph Jérôme, comte Siméon
21 février 1820 - 14 décembre 1821
Professeur de droit (1778), Joseph Jérôme, comte Siméon (1749-1842) participe au mouvement fédéraliste du Midi (1793) puis émigre. Rentré après Thermidor, il devient député au Conseil des Cinq cents (1795). Opposé au 18 Fructidor, il est condamné à la déportation. Libéré le 18 Brumaire, il entre au Tribunat (1800), devient conseiller d'État (1804) puis ministre du roi Jérôme de Westphalie (1807). En 1814, il reconnait les Bourbons et est nommé préfet du Nord. Richelieu l'appelle à l'Intérieur pour mieux contrôler le ministère.
Jacques Joseph Guillaume François Pierre, comte de Corbière
14 décembre 1821 - 4 janvier 1828
Avocat, député au conseil des Cinq cents sous le Directoire, Jacques Joseph Guillaume François Pierre, comte de Corbière (1766-1853) est réélu à la Chambre basse depuis 1815. Ultraroyaliste, fidèle soutien de son ami Villèle, il entre dans le premier ministère ultra royaliste de la Restauration comme ministre sans portefeuille. Il y fait fonction de ministre de l'Instruction publique jusqu'à ce que lui soit confié le ministère de l'Intérieur.
Jean Baptiste Sylvère Gaye, vicomte de Martignac
4 janvier 1828 - 8 août 1829
Avocat royaliste à Bordeaux, Jean Baptiste Sylvère Gaye, vicomte de Martignac (1778-1832) se rallie aux Bourbons. Procureur général à Limoges, élu député en 1821, il remplace Villèle après les élections de 1827 (favorables à l'opposition) et devient ministre de l'Intérieur.
François régis, comte de la Bourdonnaye
8 août - 18 novembre 1829
Émigré en 1791, François régis, comte de la Bourdonnaye (1767-1839) combat quelque temps dans l'armée du prince de Condé, puis aux côtés des insurgés vendéens. Lors de la Restauration, il siège comme député ultra à la chambre introuvable (1815-1816). il est nommé ministre de l'Intérieur dans le cabinet Polignac.
Guillaume Isidore Baron, comte de Montbel
18 novembre 1829 - 19 mai 1830
Maire de Toulouse, puis député ultra (1827), Guillaume Isidore Baron, comte de Montbel (1787-1861) prend position contre l'intervention en faveur des Grecs. Il est l'homme à tout faire du ministère des Affaires ecclésiastiques et de l'Instruction publique (août-novembre 1829) avant d'être nommé à l'Intérieur.
Pierre Denis, comte de Peyronnet
19 mai - 31 juillet 1830
Hostile à l'Empire, Pierre Denis, comte de Peyronnet (1778-1854) se rallie aux Bourbons et siège comme député ultra (1820). Nommé garde des Sceaux dans le ministère Villèle (1831-1838), il est l'un des principaux instigateurs des lois les plus réactionnaires de la Restauration. À la faveur du remaniement du ministère Polignac, il se voit confier l'Intérieur.
François Guizot
- 1er - 11 août 1830
- 11 août - 2 novembre 1830
Fils d'un avocat partisan de la Révolution guillotiné sous la Terreur comme fédéraliste, François Guizot (1787-1874) est élevé de façon austère à Genève où sa famille a émigré. Arrivé à Paris en 1805, il publie plusieurs ouvrages et obtient une chaire d'histoire moderne à la Sorbonne (1812) grâce à l'appui de Fontanes. Il se lie à Royer-Collard qui le lance dans la vie politique. Secrétaire du ministère de l'Intérieur lors de la première Restauration (1814), il passe à Gand pendant les cent jours puis assume des charges importantes dans le ministère de la Justice (1816-1820). Après la chute du cabinet libéral de Decazes, il reprend ses fonctions dans l'enseignement aant d'être suspendu en 1822. Il est élu député au début 1830. Rallié au duc d'Orléans, il devient ministre de l'Intérieur en août 1830.
Camille Bachasson, comte de Montalivet
2 novembre 1830 -13 mars 1831
Fils de Jean-Pierre Bachasson, comte de Montalivet, ministre de Napoléon 1er, familier de Louis-Philippe, Camille Bachasson, comte de Montalivet (1801-1880) devient une première fois ministre de l'Intérieur, avec pour tâche principale d'organiser la protection du procès des ministres de Charles X.
Casimir-Pierre Perier
13 mars 1831 - 27 avril 1832
Fils de Claude Périer, Casimir-Pierre Perier (1777-1832) dirige la banque de son père. Régent de la Banque de France, il siège à plusieurs reprises comme député à partir de 1817. Représentant de l'opposition libérale, il prend position contre les cabinets Villèle puis Polignac et se rallie à Louis-Philippe lors de la révolution de juillet 1830. Président de la Chambre et chef du parti de la résistance sous la monarchie de Juillet, il succède à Laffite comme président du Conseil et ministre de l'Intérieur.
Camille Bachasson, comte de Montalivet
27 avril - 11 octobre 1832, ministère Perier
Adolphe Thiers
11 octobre - 31 décembre 1832
Avocat à Aix-en-Provence, Adolphe Thiers (1797-1877) arrive à Paris en 1821. Il fréquente les milieux libéraux et publie son "Histoire de la Révolution" qui connait un certain succès. Fondateur avec Carrel et Mignet du journal d'opposition Le National, il s'y fait le défenseur d'une monarchie constitutionnelle de type anglais. Le 26 juillet 1830, il prend part à la rédaction de la protestation des journalistes aux ordonnances de Saint-Cloud. Partisan convaincu de l'appel à la branche d'Orléans, il est nommé conseiller d'État, député d'Aix (octobre 1830), secrétaire général au ministère des Finances dans le cabinet Laffitte, puis ministre de l'Intérieur en 1832.
Antoine Maurice Apollinaire, comte d'Argoult
31 décembre 1832 - 4 avril 1834
Receveur principal d'Anvers (1806), directeur général de la navigation du Rhin (1812), Antoine Maurice Apollinaire, comte d'Argoult (1782-1858) se rallie à la Restauration. Il est chargé de plusieurs postes dans l'administration et entre dans la Chambre des pairs en 1819. Après avoir obtenu (trop tard) de Charles X le retrait des ordonnances de Saint-Cloud du 25 juillet 1830 qui ont provoqué l'insurrection des 27-28-29 juillet, il se rallie à Louis-Philippe qui lui confie d'abord le ministère de la Marine et des Colonies (1830-1831), le ministère du Commerce et des Travaux publics (1831-1832) puis celui de l'Intérieur.
Adolphe Thiers
- 4 avril - 18 juillet 1834, 1er ministère Soult
- 18 juillet - 10 novembre 1834, ministère Gérard
Hughes Bernard Maret, duc de Bassanot
10 - 18 novembre 1834
Rallié à la Révolution, Hughes Bernard Maret, duc de Bassanot (1763-1839) fait d'abord partie du club des Jacobins puis contribue à la fondation de celui des Feuillants, après l'affaire du Champs-de-Mars (1791). Prisonnier des Autrichiens (1793-1796), il est ensuite nommé secrétaire général des consuls après avoir appuyé le coup d'État du 18 Brumaire (1799). Il est quelque temps ministre des Relations étrangères (1811). Secrétaire d'État pendant les Cent jours, exilé de 1816 à 1820, il est fait pair de France par Louis-Philippe (1831), qui l'appelle à former le Gouvernement pendant quelques jours en 1834, où il se réserve le ministère de l'Intérieur.
Adolphe Thiers
- 18 novembre 1834 - 12 mars 1835, ministère Mortier
- 12 mars 1835 - 22 février 1836, ministère Broglie
Camille Bachasson, comte de Montalivet
22 février - 6 septembre 1836, 1er ministère Thiers
Adrien Etienne Pierre, comte de Gasparin
6 septembre 1836 - 15 avril 1837
Fils de Thomas Gasparin, conventionnel montagnard, préfet du Rhône, protestant et ami intime de Guizot, Adrien Etienne Pierre, comte de Gasparin (1783-1862) devient ministre de l'Intérieur dans le premier ministère Molé.
Camille Bachasson, comte de Montalivet
15 avril 1837 - 31 mars 1839, 2e ministère Molé
Adrien Etienne Pierre, comte de Gasparin
31 mars - 12 mai 1839
Ministre de l’Intérieur et par intérim ministre des Travaux publics, de l'Agriculture et du Commerce. Gouvernement de transition, sans président du Conseil en titre.
Charles Marie Tanneguy, comte Duchâtel
12 mai 1839 - 1er mars 1940
Député de la Charente inférieure (1833), Charles Marie Tanneguy, comte Duchâtel (1803-1867) est plusieurs fois ministre sous la monarchie de Juillet. À l'origine de la réforme douanière de 1834, il fait transférer les fonds des caisses d'épargne à la caisse des dépôts et consignations. Ayant rompu avec le ministère Molé (1837), il revient au pouvoir aux côtés de Soult (1839) en prenant l'Intérieur.
Charles, comte de Rémusat
1er mars - 29 octobre 1840
Collaborateur de plusieurs journaux (Le Courrier français, Le Globe), Charles, comte de Rémusat (1797-1875) doit à Guizot sa place de sous-secrétaire d'État au département de l'Intérieur (1836-1837) et accepte, après bien des hésitations, le ministère de l'Intérieur que lui propose Thiers.
Charles Marie Tanneguy, comte Duchâtel
- 29 octobre 1840 - 18 septembre 1847, 3e ministère Soult
- 18 septembre 1847 - 24 février 1848, ministère Guizot
Alexandre Auguste Ledru-Rollin
24 février - 9 mai 1848
Avocat, Alexandre Auguste Ledru-Rollin (1807-1874) se positionne contre la monarchie de Juillet en prenant la défense des journalistes condamnés après les insurrections républicaines. Élu député (1841), il siège à l'extrême gauche avec les radicaux, fonde le journal La Réforme, auquel collabora Louis Blanc. Lors de la campagne des banquets (1847-1848), il défend une république démocratique et sociale. Il entre au Gouvernement après la révolution de Février 1848. On l'accueille aux cris : "Enfin voici l'ordre! " lorsqu'il devient ministre de l'Intérieur.
Adrien Barnabé Athanase Recurt
9 mai - 28 juin 1848
Ancien médecin, "monté" à Paris, Adrien Barnabé Athanase Recurt (1798-1872) s'oppose à la Restauration et à la monarchie de Juillet. Une fois au pouvoir, devenu ministre de l'Intérieur, il étend à toute la famille royale l'interdiction de demeurer sur le territoire français.
Antoine Marie Jules Sénard
28 juin - 13 octobre 1848
Organisateur de l'un des banquets réformistes qui marquent les débuts de la révolution de 1848, Antoine Marie Jules Sénard (1800-1885) siège à l'Assemblée constituante qu'il préside (1848). Pendant l'insurrection, il accorde son appui au général Cavaignac, ce qui lui vaut d'être nommé ministre de l'Intérieur en juin 1848.
Jules Dufaure
13 octobre - 20 décembre 1848
Député libéral (1834) puis ministre des Travaux publics dans le cabinet Soult (1839-1840), Jules Dufaure (1798-1881) est membre de l'Assemblée constituante après la révolution de Février 1848 et nommé ministre de l'Intérieur par Cavaignac.
Léon de Maleville
20 - 29 décembre 1848
Sous-secrétaire d'État au ministère de l'Intérieur (mars-octobre 1840) dans le second ministère Thiers, Léon de Maleville (1803-1879) joue un rôle important dans le parti de l'ordre, toujours aux côtés de Thiers, pendant la IIe République. Il est appelé à l'Intérieur dans le ministère Odilon Barrot.
Léon Faucher
29 décembre 1848 - 2 juin 1849
Député à la fin de la monarchie de juillet (1847), Léon Faucher (1803-1854) adopte des positions relativement libérales et contribue à la chute de Guizot. Après la révolution de 1848, il est nommé au ministère des Travaux publics avant d'être promu à l'Intérieur.
Jules Dufaure
2 juin - 31 octobre 1849, 2e gouvernement Odilon Barrot
Ferdinand Victorin Barrot
31 octobre 1849 - 15 mars 1850
Frère d'Odilon Barrot, Ferdinand Victorin Barrot (1806-1883) est très lié au Prince-Président depuis le coup d'État manqué de Boulogne (1840) car il a été l'un de ses avocats. Quand Louis Napoléon Bonaparte décide de rétablir l'unité de l'exécutif et doit faire appel à des techniciens plus qu'à des politiciens, il confie l'Intérieur à Ferdinand Barrot.
Pierre Jules Baroche
15 mars 1850 - 24 janvier 1851
Avocat, Pierre Jules Baroche (1802-1870) défend à plusieurs reprises des conspirateurs républicains sous la monarchie de Juillet et prend position contre la politique de Guizot. Après la révolution de Février 1848, il est élu à l'Assemblée constituante (avril 1848) et ne cesse dès lors de voter avec les conservateurs. Il devient ministre de l'Intérieur au lendemain des élection partielles de mars 1850 qui ont épouvanté le parti de l'ordre.
Claude Marius Vaïsse
24 janvier - 10 avril 1851
Après avoir participé au mouvement libéral et révolutionnaire, Claude Marius Vaïsse (1799-1864) fait une carrière administrative sous la monarchie de Juillet : sous-préfet en 1839, rallié au bonapartisme dès 1848, il gagne la confiance de Louis Napoléon Bonaparte qui lui confie l'Intérieur dans le cabinet du 24 janvier dit "cabinet d'affaires."
Léon Faucher
10 avril - 26 octobre 1851, chef du Gouvernement de facto et ministre de l’Intérieur.
René de Thorigny
26 octobre - 2 décembre 1851
Avocat général destitué en 1848, René de Thorigny (1798-1869) prête son concours à divers journaux conservateurs. Rallié au parti de l'Élysée et bonapartiste docile, il hérite de l'Intérieur à la suite de la démission de Faucher, furieux de voir le Prince-Président réclamer l'abrogation de la loi électorale favorable aux conservateurs
Charles, duc de Morny
2 décembre 1851 - 22 janvier 1852
Fils naturel du général de Flahaut et de la reine Hortense - donc demi-frère du futur Napoléon III - Charles, duc de Morny (1811-1865) sert quelque temps comme officier en Algérie. Revenu en France (1838), il devient propriétaire d'une industrie sucrière prés de Clermont-Ferrand. Il est élu député en 1842. Élu à l'Assemblé législative en mai 1849, il prend une part active au coup d'État du 2 décembre 1851, comme ministre de l'Intérieur.
Jean Gilbert Victor Fialin, duc de Persigny
- 22 - 25 janvier 1852
- 25 janvier 1852 - 23 juin 1854
Renvoyé de l'armée en raison de ses positions républicaines (1831), Jean Gilbert Victor Fialin, duc de Persigny (1808-1872) devient peu après bonapartiste. Il entre en relation avec Louis Napoléon Bonaparte (1834), auquel il apporte son aide lors des tentatives manquées de Strasbourg et de Boulogne (1840). Emprisonné quelque temps puis relâché, il soutient la candidature de Louis Napoléon Bonaparte à la présidence (décembre 1848). Il est élu à l'Assemblée législative (1849) et participe au coup d'État du 2 décembre 1851. Après la démission de Morny, il accède au ministère de l'Intérieur en janvier 1852.
Adolphe Augustin Marie Billault
23 juin 1854 - 7 février 1858
Avocat à Nantes, membre du conseil général (1834), député de tendance centre gauche (1837), Adolphe Augustin Marie Billault (1805-1863) est sous-secrétaire d'État dans le cabinet Thiers (1840). Après la démission de ce dernier, il ne cesse de prendre position contre la politique de Guizot. Député à l'Assemblé constituante, après la révolution de 1848, puis membre du corps législatif après le coup d'État du 2 Décembre 1851, il abandonne le corps législatif pour le ministère de l'Intérieur après le renvoi de Persigny.
Charles Marie Esprit Espinasse
7 février - 14 juin 1858
Après avoir servi dans l'armée d'Afrique, Charles Marie Esprit Espinasse (1815-1859) participe à l'expédition de Rome (1849). Il assiste Louis Napoléon Bonaparte lors du coup d'État du 2 Décembre 1851 et est promu général. Après l'attentat d'Orsini, il est nommé ministre de l'Intérieur par Napoléon III qui lui demande d'organiser la répression.
Claude Alphonse Delangle
14 juin 1858 - 5 mai 1859
D'abord dans l'enseignement, Claude Alphonse Delangle (1797-1869) devient avocat, procureur, magistrat. Il atteint les plus haut grades dans ces différentes fonctions. Président de la cour d'appel de Paris depuis près de six ans, il est appelé au ministère de l'Intérieur. L'arrivée d'un magistrat à ce poste marque la fin de la répression à outrance suite à l'attentat d'Orsini.
Ernest Arrighi de Casanova, duc de Padoue
15 mai - 1er novembre 1859
Nommé préfet de Seine-et-Oise, puis au Conseil d'État, Ernest Arrighi de Casanova, duc de Padoue (1814-1888) succède à son père, général et duc d'Empire, au Sénat en 1853. Dévoué aux intérêts de l'Église, il devient ministre de l'Intérieur à la veille du départ de Napoléon III pour l'Italie, ce qui rassure les catholiques.
Adolphe Augustin Marie Billault
1er novembre 1859 - 26 novembre 1860
Jean Gilbert Victor Fialin, duc de Persigny
26 novembre 1860 (prise de fonction le 5 décembre) - 23 juin 1863
Paul Boudet
23 juin 1863 - 28 mars 1865
Homme de confiance de Billault, ancien avocat et ayant appartenu à l'opposition dynastique sous la monarchie de Juillet, Paul Boudet (1800-1877) est appelé au ministère de l'Intérieur lorsque son protecteur devient ministre d'État.
Charles Jean Marie Félix, marquis de la Valette
28 mars 1865 - 13 novembre 1867
Député guizotin (1846) puis rallié à Louis Napoléon Bonaparte, Charles Jean Marie Félix, marquis de la Valette (1806-1881) fait une carrière de diplomate sous le Second Empire. Il est ambassadeur dans divers pays, en particulier en Turquie (1851-1853) où il est chargé de la question des lieux saints. Il est appelé au ministère de l'Intérieur au moment où son ami et protecteur Rouher est tout puissant.
Pierre Ernest Pinard
13 novembre 1867 - 17 décembre 1868
Avocat puis magistrat, Pierre Ernest Pinard (1822-1909) se rend impopulaire en poursuivant Baudelaire ("Les Fleurs du mal") et Flaubert ("Madame Bovary"). Conseiller d'État en 1866, il succède à La Valette au ministère de l'Intérieur, après s'être converti à la nécessité d'une évolution libérale de l'Empire.
Jean Louis Victor Adolphe de Forcade La Roquette
17 décembre 1868 - 2 janvier 1870
Après des études de droit, Forcade La Roquette (1820-1874)fait carrière au Conseil d'État et dans l'administration. Il est ministre des Finances (1860-1861), sénateur (1861), ministre de l'Agriculture et du Commerce (1867), avant d'obtenir l'Intérieur fin 1868.
Eugène Napoléon Chevandier de Valdrôme
2 janvier - 10 août 1870
Patron d'industrie, Eugène Napoléon Chevandier de Valdrôme (1810-1878) est envoyé en 1859 au corps législatif par le département de la Meurthe. Étant l'un des principaux chefs du tiers parti, il accède à la vice-présidence de la Chambre en 1869, puis au ministère de l'Intérieur dans le cabinet d'Émile Olivier. Évincé, Forcade La Roquette devient un des chefs du parti autoritaire.
Julien Théophile Henri Chevreau
10 août - 4 septembre 1870
Bonapartiste dévoué et fidèle, Julien Théophile Henri Chevreau (1823-1903) fait carrière sous le Second Empire comme préfet, du Rhône (1864) puis de la Seine (janvier 1870). L'impératrice-régente lui confie le poste de ministre de l'Intérieur. Il conserve ses responsabilités de préfet de la Seine.