Le service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) publie sa 10e édition du bilan statistique « Insécurité et délinquance », consacré à l’année 2025 en France. Cet ouvrage, centré sur les tendances nationales, est complété par un « Atlas départemental de la délinquance enregistrée », un outil de référence pour analyser les dynamiques territoriales, y compris en outre-mer (DROM et COM).
En France, les évolutions des principaux indicateurs de la délinquance enregistrée par la police et la gendarmerie nationales (au nombre de 18 suivis dans ce bilan) sont assez contrastées en 2025. Certaines évolutions restent orientées à la hausse, notamment en matière d’atteintes aux personnes. Dans le même temps, certains indicateurs enregistrent une baisse : vols avec armes, cambriolages, vols de véhicule, vols dans les véhicules et vols d’accessoires sur véhicules. Enfin, quelques indicateurs augmentent légèrement en 2025 après une ou plusieurs années de baisse : vols violents sans arme, vols sans violence contre des personnes et destructions et dégradations volontaires.
Dans le détail, après une année de quasi-stabilisation (+1 %), les violences physiques enregistrées repartent à la hausse (+5 %) en 2025, soit moins vite que l’évolution annuelle moyenne depuis 2016 (+8 %). Cette hausse concerne aussi bien les violences intrafamiliales (+6 %) que celles commises hors du cadre familial (+5 %). Dans le même temps, les violences sexuelles enregistrées continuent également de progresser fortement (+8 %), de même que les viols et tentatives de viol (+9 %), même si leur rythme de croissance apparaît légèrement moins soutenu que sur la dernière décennie (respectivement +11 % et 15 %). Les tentatives d’homicide poursuivent leur progression (+4 %), en ralentissement par rapport aux trois années précédentes, soit à un rythme inférieur à celui observé depuis 2016 (+8 % par an). Avec 975 victimes recensées en 2025, le nombre de victimes d’homicide est stable par rapport à l’année précédente, mettant fin à la hausse observée entre 2020 et 2023. Les infractions liées aux stupéfiants progressent nettement en 2025, que ce soit pour l’usage (+7 %) ou le trafic (+9 %). Ces hausses confirment les croissances observées en 2024 qui s’expliquaient en partie par l’augmentation du nombre de mis en cause pendant les mois de juillet et août 2024, en lien avec la mobilisation exceptionnelle des forces de sécurité intérieure pour les Jeux olympiques et paralympiques de Paris. Ces progressions s’inscrivent dans une tendance haussière observée depuis 2020 : +14 % en moyenne par an pour l’usage de stupéfiants porté par la mise en place des amendes forfaitaires délictuelles et +7 % pour le trafic de stupéfiants. Les escroqueries et fraudes aux moyens de paiement poursuivent également leur hausse en 2025 (+7 %), s’inscrivant dans le rythme des hausses continues depuis 2016 (+7 % en moyenne par an), malgré une croissance ralentie en 2024 (+1 %). Cette croissance est notamment portée par le développement des usages numériques : en 2025, 53 % des escroqueries et fraudes aux moyens de paiement sont en lien avec le numérique contre 31 % en 2016.
Les évolutions sur les vols sont plus contrastées. Si les vols avec armes diminuent nettement (-8 %) en 2025, après plusieurs années de quasi-stabilité, les vols violents sans arme et les vols sans violence contre des personnes sont en légère hausse (+2 % chacun), après avoir baissé les deux années précédentes. Notamment, les vols violents sans arme augmentent pour la première fois depuis 2016.
Les cambriolages de logement, les vols de véhicule, les vols dans les véhicules présentent des profils très similaires : après un creux observé en 2020 et 2021, le nombre de délits s’accroît pour ces indicateurs jusqu’en 2023/2024, et diminue en 2025. Sur la dernière année, les vols de véhicule et les vols dans les véhicules baissent nettement (-9 % chacun), revenant à un niveau proche de celui observé pendant la crise sanitaire. Les vols d’accessoires sur véhicule sont plus volatiles et diminuent très légèrement (-1 %) en 2025, après une année de hausse (+4 %). Enfin, les cambriolages de logement baissent de 3 % en 2025.
En France, le nombre de destructions et dégradations volontaires (y compris contraventions) augmente légèrement (+2 %) par rapport à 2024, mais reste à un niveau inférieur à celui observé en 2023, année marquée par des violences urbaines au début de l’été.
Comme lors des éditions précédentes, le bilan annuel fournit des éléments complémentaires sur la caractérisation (âge, sexe, nationalité) aussi bien des victimes déclarées que des mis en cause.
Enfin, le bilan statistique annuel propose quatre éclairages en 2025 :
• Les délais de dépôts de plainte pour différents crimes et délits enregistrés en 2025.
• Les taux d’élucidation des crimes et délits enregistrés en 2024.
• Les infractions liées au numérique enregistrées en 2025.
• Les atteintes à l’environnement enregistrées et dépôts sauvages d’ordures en 2025.
Dans le cadre de l’Atlas départemental de la délinquance enregistrée, le SSMSI suit ces indicateurs entre 2016 et 2025 sur l’ensemble des territoires de la République française : la France métropolitaine, les départements et régions d’outre-mer et les collectivités d’outre-mer. L’Atlas est par ailleurs enrichi d’une vingtaine de cartes départementales dans cette édition issue de l’enquête de victimation Vécu et ressenti en matière de sécurité (VRS) 2024 conduite par le SSMSI. Ces cartes déclinent les principaux résultats sur le sentiment d’insécurité et les préoccupations sécuritaires présentés chaque année dans le rapport VRS à l’échelon national.
Les données associées à l’Atlas départemental (et notamment les bases statistiques communale, départementale et régionale de la délinquance enregistrée par la police et la gendarmerie nationales) et au bilan statistique annuel Insécurité et délinquance sont disponibles en open data sur les sites interieur.gouv.fr/Interstats et data.gouv.fr
Contributeurs : Antonin Briand, Josse Carpentier, Romain Cometx, Maxime Exavier, Samuel Givois, Alisée Hadj Larbi, Safiedine Hama, Suzanne Heidsieck, Youen Labbé-Sorin, Yannig Pons, Mickaël Portela, Mathias Robert, Dounia Tir et Ludivine Vallon